****************************
par Roger Annis, écrivain et militant anti-guerre à Vancouver, Canada

Louis Riel et ses collègues conseillers élus du nouveau gouvernement du Manitoba, 1869, Archives du Manitoba.
Est-ce que la double victoire juridique du peuple métis est prémonitoire de sa résurrection politique ? On constate de plus en plus, avec la lutte climatique, en particulier contre les sables bitumineux et pour la préservation des ressources naturelles dont surtout la forêt, que la lutte des peuples autochtones et inuit peut et doit se combiner avec celle du peuple québécois et avec celle du prolétariat pour renverser la source du problème, un capitalisme néolibéral à la fois prédateur, productiviste et militariste. La victoire métisse, comme il y a plus d’un siècle celle de la réapparition politique du peuple acadien, fait surgir un nouveau joueur pour cette alliance à construire dont la possibilité historique fut posée par la rébellion armée du peuple métis en 1885 (Marc Bonhomme).
Pour lire le texte complet :
Les Métis du Manitoba gagnent une décision historique
****************************

On connaît Marx comme théoricien de la lutte des classes dans les sociétés capitalistes, du secret de l’exploitation du capital dans la plus-value cachée sous l’habit de l’échange égal, de sa distribution sous la forme du profit tendanciellement égal entre les capitaux industriel, commercial et financier, de l’histoire de l’accumulation primitive du capital. C’est effectivement le cœur de son œuvre. Moins connue est sa contribution à la stratégie du renversement du capitalisme. Dans la mesure où elle l’est, elle est souvent réduite à l’affrontement pur du capital et du travail qui en est certainement le noyau fondamental qu’il faut, à la fin, pénétrer. Idem pour l’histoire de la formation du capitalisme réduite à la triptyque esclavagisme / féodalisme / capitalisme. En parallèle, on oublie que la pensée de Marx n’a pas cessé de se transformer au fur et à mesure du développement de la lutte sociale de son temps.
Pour lire le texte complet :
Indépendance et stratégie anticapitaliste chez Marx
****************************
Une invitation d’alliance des peuples opprimés et du prolétariat

Il ne faut pas sous-estimer l’importance politique du jeûne de la chef autochtone d’Attawispiskat qui s’inscrit dans le mouvement « Idle no more ». Il n’attire pas l’attention des grands médias anglo-canadiens pour rien. L’article d’opinion du Toronto Star ci-contre en explique l’importance d’un point de vue « canadien ». Le commentaire de Noami Klein dans le Globe and Mail, journal « par excellence » de la bourgeoisie canadienne, aussi traduit ci-contre, met à nue la portée réactionnaire de la crudité rentière de l’insertion de la bourgeoisie canadienne dans la globalisation néolibérale. Du point de vue du peuple québécois, la pertinence politique en est décuplée puisque qu’il s’agit aussi on ne peut plus clairement d’une question d’oppression nationale ce qui en démultiplie les enjeux de justice sociale et écologiques. Il appartient aux grandes organisations politiques et sociales du Québec, qui se réclament de la gauche, du féminisme et de l’indépendance nationale, de s’emparer de toute urgence de la lutte immensément courageuse de cette femme autochtone. Il faut saisir la balle au bond.
Pour lire le texte complet :
Idle no more
****************************
L'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus du
quartier Maisonneuve
Ne pas laisser aux nationalistes la défense du patrimoine
Dimanche, le 7 novembre 2010, environ 150 personnes, convoquées par l'organisation des Jeunes Patriotes, se sont rassemblées devant l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus (voir quelques photos attachées). Dans ce bastion du PQ et du Bloc, très impliqués dans ce dossier, véritable patate chaude pour les Libéraux, il ne fallait pas se surprendre que les discours de circonstances soient ceux des députés locaux, du maire de l'arrondissement ancien député du Bloc et du parti de Louise Harel, elle-même ancienne députée locale du PQ, et de deux organisations nationalistes auxquels s'est ajoutée la société historique du quartier. Le rajout de bannières de ces partis et organisations aurait été de trop. ce qui fait que seul Québec solidaire d'Hochélaga-Maisonneuve avait la sienne, lequel commence à s'intéresser à l'affaire tout en cherchant à lui donner une tournure de gauche.
Pour lire le texte complet :
Pour sauver l'église de Maisonneuve
****************************
Amiante à l’Inde, Énergie Nouveau-Brunswick, Jeux de Vancouver
Où est l’internationalisme de la direction de Québec solidaire ?
Le 17 février, le député de Québec solidaire a présenté la motion suivante :
« Que l'Assemblée nationale du Québec souhaite que la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
(CAPERN) tienne un mandat d'initiative afin d'établir les faits sur les
conditions d'exploitation, de transformation et d'exportation de l'amiante
chrysotile pour assurer la protection des travailleurs québécois et
étrangers ayant à manipuler ce produit. »
D’ajouter le communiqué de presse de Québec solidaire :
« M. Khadir […] croit nécessaire d'explorer de manière impartiale et ouverte
la possibilité de trouver un meilleur équilibre entre la protection des
emplois de ce secteur économique et les enjeux de santé publique. Il craint
qu'une position de fermeture de la part du Québec n'entraîne un plus grand
isolement commercial sur le plan international… »
Pourtant, la nocivité de l’amiante, y compris l’amiante chrysotile, est
établi depuis fort longtemps.
Pour lire le texte complet : Internationaliste
****************************
Pierre Paquette : « Une nouvelle donne pour la souveraineté du Québec »
S’allier au capital européen pour un capitalisme vert et social
Au début janvier, Pierre Paquette, économiste et leader parlementaire du
Bloc québécois, publiait dans le premier numéro de « Revue vie économique »
un article articulé, informé et stimulant affirmant que la crise économique
démontrait plus que jamais la pertinence de l’indépendance pour arriver à
construire un Québec social, vert et pacifiste. Cette pertinence s’expliquerait par « le retour de l’État » (souligné par Pierre Paquette) qui avec les moyens fournis par l’indépendance ou la souveraineté, terme de loin préféré par l’auteur, permettrait au Québec de construire l’« l’économie
sociale », de « renouer avec sa vraie nature : être un pont entre l’Amérique
du Nord et l’Europe », de concilier « conscience environnementale et
prospérité économique » et d’être partie prenante d’un « retour des “petits’’ pays sur la scène internationale ». Cependant, pour parvenir à cet état béni, l’auteur ne voit pas le capitalisme, même pas les banques, comme un obstacle à vaincre.
Pour lire le texte complet : Une nouvelle donne
****************************
Ma contribution au débat sur la laïcité a donné lieu à un vif échange sur la
question du voile dont je crois qu'il vaut la peine de vous faire connaître
(avec la permission de mon vis-à-vis).
Je suis toujours surpris de la place prise par ce débat. Est-ce que le
comportement et les déclarations grossièrement anti-syndicales du grand
patron de Québécor
(http://www.ledevoir.com/politique/quebec/281550/pierre-karl-peladeau-s-invi
te-a-la-rencontre-economique-le-baron-des-medias-sonne-la-charge-contre-les-
syndicats-tout-puissants) ne devraient pas faire l'objet de réactions plus
intenses ?
Évidemment, quand ce grand patron qui a lock-outé depuis un an ses employés
du Journal de Montréal, poussant l'arrogance jusqu'à redemander d'autres
concessions après 10 mois de lock-out, peut compter sur la sympathie du
député de Québec solidaire
(http://ruefrontenac.com/nouvelles-generales/55-enjeux/16310-rencontre-kadir
-pkp) on ne sait plus très bien à quel saint se vouer.
De rapporter le journal web des lock-outés: "Au terme d’une rencontre avec
Pierre Karl Péladeau, mercredi, le député de Québec solidaire Amir Khadir
dit avoir décelé chez le PDG de Quebecor « une volonté que les négociations
reprennent » ainsi qu’« une sensibilité au sort des travailleurs » en
lock-out du Journal de Montréal." Amir Khadir "croit que « si on lève les
malentendus et les perceptions négatives, peut-être le dialogue pourra-t-il
reprendre devant le conciliateur »".
Poli, le président du syndicat des lock-outés a commenté : "« Péladeau lui
a joué la même game qu’il joue à tout le monde : il dit qu’il veut négocier,
mais cela fait un an qu’il nous garde dans la rue »". Ce député qui joue au
grand conciliateur -- et ce n'est pas la première fois -- ne défend pas
l'intérêt des travailleurs et travailleuses. Et dire que des commentateurs
de gauche qui comparent Québec solidaire au NPA français. Il ne se compare
même pas aux partis de Gauche allemand ou français mais plutôt au NPD
canadien.
Pour lire le texte complet : Réactions
****************************

La femme voilée, point nodal de nos contradictions
sociales et bouc émissaire de notre impuissance nationale
Au Québec, le débat sur la laïcité et son corollaire, celui sur le port de
signes religieux ostentatoires par les ou certaines employées de l’État,
pour ne pas dire sur le voile islamique, passionnent et divisent jusqu’au
sein de Québec solidaire. La difficulté de ce débat a deux sources. Il est
à la confluence de trois courants historiques de luttes démocratiques :
celui, mis en évidence au siècle des Lumières, pour les droits fondamentaux,
celui proéminent au XIXiè siècle pour la construction d’un État démocratique
et celui saillant au XXiè siècle pour le droit à l’autodétermination
nationale contre l’impérialisme. Pourquoi alors toute cette passion au
Québec et en France mais non chez les nations impérialistes de langue
anglaise ? Il y a là un problème d’identité nationale, cache-sexe pour ne
pas dire de subordination nationale.
Pour lire le texte complet : la femme voilée
****************************
Série d'articles « Solidarité internationale avec la Palestine » publiée dans le journal « Unité ouvrière », Hiver 2009

1. Israël, tête de pont impérialiste fondée sur le racisme
2. Les missiles du Hamas
3. La collusion Israël-Canada-Québec... jusqu'à gauche
Le gouvernement canadien est peut-être devenu le plus ferme soutien du gouvernement israélien, davantage que les ÉU. Il a non seulement appuyé sans réserve le massacre de Gaza mais il a été le seul gouvernement à la Commission des droits humains de l'ONU, en janvier dernier, à voter en faveur d'Israël. Comme le Venezuela, tout comme la Bolivie, a renvoyé l'
ambassadeur israélien puis a rompu ses relations diplomatiques avec lui, le Canada a accepté de représenter Israël au Venezuela.
Pour lire le texte complet :
Solidarité internationale avec la Palestine
****************************
Le rapport Bouchard-Taylor
L’ethnicisme citoyen : Intégrer tout en divisant
par Marc Bonhomme
Profitant de la défaite stratégique de tous les mouvements sociaux québécois à partir de la capitulation des syndicats du secteur public en décembre 2005, tout comme celle de l’important recul du mouvement national suite à l’imposition sans coup férir de la dite loi de la clarté, le rapport Bouchard-Taylor [RBT] vise la redéfinition des rapports sociaux au sein de la nation québécoise. Il propose l’objectif apparemment contradictoire d’intégrer pleinement la main d’œuvre non « québécoise d’origine canadienne-française » au marché du travail tout en divisant durablement le prolétariat sur une base ethno-religieuse. Il s’agit pour la bourgeoisie québécoise, fédéraliste jusqu’au bout des ongles, d’éliminer à tout jamais le spectre du peuple uni pour réaliser l’indépendance nationale, condition nécessaire, même si non suffisante, de sa libération sociale.
Pour lire le texte complet :
Le rapport Bouchard
Est-ce uniquement la direction de Québec solidaire en Outaouais qui liquide la lutte pour l’indépendance ?

Au début d’octobre 2006, le site web national de Québec solidaire publiait une lettre au journal Le Droit écrite au début juillet par les porte-parole de Québec solidaire en Outaouais (QS-O). Cette lettre rejette, à juste titre, le néolibéralisme commun aux Libéraux et au PQ, prônant plutôt des hausses du salaire minimum, des prestations d’aide sociale et des impôts des riches et compagnies afin de les financer. Cependant, elle renvoie aussi dos-à-dos leurs positions opposées sur la question nationale québécoise :
« Tristement, la guerre des drapeaux des deux vieux partis politiques s’est faite au détriment de la véritable souveraineté, soit la liberté de faire des choix collectifs démocratiques. À quoi bon un drapeau ou un siège à l’ONU si le pays en question n’a plus la capacité de prendre en main son devenir, de protéger son environnement, d’offrir les services publics et de partager sa grande richesse? »
Ainsi la souveraineté « véritable » ne serait pas l’indépendance mais le principe de la liberté de choisir : du terrain de la politique on passe à celui des « valeurs » chères à la droite conservatrice. Ainsi l’indépendance toute nue ne vaudrait-elle rien : la direction de QS-O va jusqu’au bout du rapetissement de la revendication de l’indépendance, comme fin en soi pour résoudre l’oppression nationale du peuple québécois. Déjà, selon la Déclaration de principes de Québec solidaire (QS), elle n’était que simple moyen pour réaliser son projet de société :
Pour lire le texte complet :
Liquidation de la lutte pour l'indépendance
Chasser la question nationale québécoise,
elle revient au galop

On ne peut tout simplement pas effacer la question nationale québécoise de l’histoire de l’État canadien en la balayant sous le tapis. Les résultats des élections fédérales l'ont ramenée dans le débat public. On dira ce qu'on voudra, la perspective de l'indépendance du Québec est vue par une bonne partie du peuple québécois comme une porte de sortie de l'enfer néolibéral et de l'humiliation fédéraliste. Heureusement, pour les fédéralistes, qu'il y a le PQ pour ruiner cette perspective avec l'amer souvenir de ses politiques néolibérales et de ses tergiversations autour de la « souveraineté-partenariat ».
Chasser la question nationale québécoise
Pour lire le texte complet :
Perspective québécoise
Nation et impérialisme néolibéral

Paru dans la revue écossaise « Frontline », numéro 14
C’est certainement un acquis du matérialisme historique que d’avoir démontré qu’il n’y a pas d’unité de la classe ouvrière sans une politique d’égalité nationale radicale. Ce qui ne peut que vouloir dire le droit à l’autodétermination des nations opprimées jusqu’à l’indépendance si nécessaire. Autrement, le prolétariat de la nation dominante colle irrémédiablement à sa bourgeoisie tout autant qu’il crée une méfiance profonde chez le peuple de la nation dominée tout en le forçant lui aussi à se souder à sa (petite)-bourgeoisie. C’en est alors fini de l’indépendance et de l’unité de la classe ouvrière.
Pour lire le texte complet : Nation et impérialisme néolibéral
Publié dans « Grands textes indépendantistes 1992-2003 (Les) » -
édité par Andrée Ferretti, Édition Typo, 2003
Questions et réponses suite au congrès de l’UFP
Pourquoi lutter pour l’indépendance ?

Les petits pays étant plus faciles à contrôler par les transnationales, le FMI et le gouvernement états-unien, l’indépendance ne nous affaiblirait-elle pas dans la lutte contre la mondialisation néolibérale ?
Pour lire le texte complet : Questions et réponses
La lutte pour l’indépendance,
Clef de voûte pour vaincre le néolibéralisme

Dans l’actuel débat autour de la plate-forme du futur nouveau parti qui sera fondé les 15 et 16 juin prochains, plusieurs ne sont pas convaincus de la pertinence de la revendication de l’indépendance comme un des piliers de cette plate-forme. Pour ces camarades, cette revendication désunit le camp des antinéolibéraux et même, pour plusieurs, elle joue le jeu du néolibéralisme quand ce n’est pas de l’ethnicisme.
Pour lire le texte complet : Pourquoi indépendance
Revendiquer l'indépendance du Québec, clef stratégique pour l'unité révolutionnaire du prolétariat de l'État canadien

"Un peuple qui en opprime un autre ne saurait être libre", Karl Marx
1. Le but des marxistes révolutionnaires est le renversement du capitalisme pour édifier un monde socialiste. Malgré l'actuelle tendance forte à la concentration et à la centralisation du capital par delà les frontières étatiques, l'essentiel du pouvoir bourgeois s'exerce toujours au niveau des États, en particulier des quelques États impérialistes, dont l'État canadien. La tâche essentielle du prolétariat de l'État canadien est donc de renverser la domination de la bourgeoisie impérialiste canadienne.
Pour lire le texte complet : Revendiquer l'indépendance du Québec