10 décembre 2006
Québec Solidaire Adopts a Program for Government
New Left Party Debates Election Platform in First Policy Convention

By Richard Fidler

Source : Socialist Voice,
http://www.socialistvoice.ca/Soc-Voice/Soc-Voice-103.htm

MONTRÉAL – Quebec’s new party of the left, Québec solidaire, held its first policy convention here on November 24-26. The 320 delegates — 48% of them women — debated, amended and adopted a draft platform for the next general election in Quebec, expected in 2007.
Québec solidaire has grown rapidly since its founding in February of this year. It now boasts 5,100 members in some 70 local associations organized on an electoral constituency basis, as well as student groups on the major college and university campuses. It is registering between 4% and 8% support in province-wide opinion polls, and in by-elections this year its candidates garnered up to 22% of the votes.


Pour lire le texte complet :

Québec Solidaire platform convention

7 novembre 2005
PQ's Rightward Shift Opens Space for New Left Party in Quebec
Editors Note: This article was first published in The Bullet, an on-line bulletin of the Ontario-based Socialist Project. The article looks ahead to the founding conference of a new left-wing and pro-independence party in Quebec, to be held in January, 2006. The conference is jointly organized by the Union des forces progressistes (Union of Progressive Forces) and Option citoyenne (Citizens' Choice). Together, these two parties number several thousand members.
The pro-sovereignty Parti Quebecois has governed the province of Quebec for 18 of the past 30 years. It is presently the main opposition party in the National Assembly; later this month its members will elect a new leader to replace former premier Bernard Landry.

Pour lire le texte complet :
PQ's righward shift

6 novembre 2006
Débat dans la région de Québec sur la plateforme électorale de Québec solidaire Comme s’il manquait quelque chose !
par Pierre Mouterde
Source : Presse-toi à gauche, http://www.pressegauche.org/spip.php?article321
Mercredi dernier s’est tenue à Québec une assemblée régionale de Québec solidaire portant sur le projet de plate-forme électorale, projet qui sera adopté au prochain congrès de Québec solidaire, fin novembre. Présentée par François Cyr, elle a donné lieu à de très riches échanges, mais aussi à une série de critiques de fond. Comme si, au-delà de tout l’important travail déjà effectué, il semblait à beaucoup… qu’il manquait... quelque chose !

Pour lire la suite du texte :
Débat dans la région de Québec sur la plateforme électorale de Québec solidaire.

SPQ-libre vs QS : Irréalisme, idéalisme, et mollesse de la gauche partisane
10 octobre 2006
par Gabrielle Gérin

Dans le contexte politique et social actuel, il était temps que la question de l’implication politique des syndicats soit mise sur la table. Mardi dernier, Pierre Dubuc et Martine Ouellet, du SPQ-Libre, ainsi que Françoise David et François Cyr, de Québec Solidaire, ont tenté d’y répondre, à l’invitation du Comité d’action sociale et politique du SEPB 434-573-574-578. Mais bien que la réflexion autour de cette question soit cruciale pour construire un réel mouvement politique progressiste au Québec, capable de réaliser ses revendications, le débat manqua cruellement d’une vision réaliste et radicale de ce qu’est l’action politique de la classe ouvrière.

L’irréalisme du SPQ
Du côté du SPQ-Libre, Pierre Dubuc donna avant tout dans l’urgence : on tenta de convaincre de l’importance de donner son vote au Parti Québécois aux prochaines élections pour deux raisons. D’abord, car la priorité serait avant tout de se « débarrasser » du Parti libéral, responsable d’innumérables atrocités : ainsi, il serait dans l’intérêt premier des pragmatiques travailleurs et travailleuses du Québec de voter pour un parti devenu néolibéral, dont le chef soulignait il y a quelques jours l’importance de « soulager le capital » pour assurer la richesse d’une société. Cette contradiction se résout fort simplement, selon Pierre Dubuc : en effet, l’élection du PQ devrait mener dans un délai rapide (assez pour ne pas laisser le temps à Boisclair de faire trop de dommages) à un référendum sur la souveraineté. Or, l’avènement de la souveraineté du Québec serait plus urgent que jamais, le blocage face aux intérêts du Québec étant aujourd’hui apparent à Ottawa, et semblerait être, selon ce discours, la seule avenue nous offrant les « moyens », financiers avant tout, de réaliser nos aspirations sociales. Martine Ouellet, quant à elle, nous offre le point de vue d’une « insider » de longue date au sein de la machine PQ : plus démocratique qu’on ne le pense, cette structure permettrait à la gauche rassemblée en son sein, mais légalement autonome, de peser de tout son poids sur les décisions politiques, directement là où elles se prennent. Car selon elle, « en étant absents [des instances de décision], on ne peut pas faire entendre nos voix ».
Répliques et mollesse de Québec Solidaire
François Cyr et Françoise David répondront à cette vision prétendument pragmatique par le renversement de quelques a prioris. D’abord, celui de la démocratie au sein du PQ : plutôt que d’une structure participative et contraignante pour le chef, on parle plutôt selon eux d’une structure à deux étages, où le chef bénéficie d’une autonomie décisionnelle dangereuse, notamment avec un chef tel que Boisclair. On ne peut donc parler d’un poids réel et assuré de la gauche au sein des instances du PQ, mais seulement d’une présence morale et d’un droit de parole.
Par rapport aux prochaines élections, on soulignera plusieurs choses : d’abord, que l’apparition de Québec Solidaire sur la scène politique ne déplacera pas le vote péquiste, dont la fidélité n’est pas facilement ébranlable, mais mobilisera plutôt les absentéistes. On ne peut reprocher à un parti d’exister, surtout lorsque qu’une partie significative de la population se reconnaît dans ses aspirations. De plus, malgré l’insatisfaction notoire d’une majorité de la population face au gouvernement Charest, la popularité du PQ ne semble pas pour autant avoir augmenté : selon Françoise David, le PQ doit chercher les raisons de ce phénomène non pas dans l’existence de QS, mais dans son propre comportement politique. Finalement, on soulignera qu’un référendum rapide sur la souveraineté ne serait certainement pas gagnant, et que les souverainistes réalistes et conséquents devraient plutôt se pencher sur la construction d’un projet concret, et de conditions favorables à l’avènement d’un Québec souverain. Mais François Cyr et Françoise David tentèrent aussi et avant tout de défendre l’importance pour les salariés-es d’investir et d’appuyer Québec Solidaire. Françoise David soutint que le rôle d’un parti de gauche serait d’influencer les décideurs politiques dans le sens des intérêts des salariés-es : ils et elles auraient donc besoin d’avoir des représentants-es au sein de l’Assemblée nationale qui y portent leurs intérêts et leurs valeurs. François Cyr, quant à lui, mit l’accent sur la nécessité pour les salariés-es d’investir une stratégie politique réaliste, soit de développer leur propre parti résolument de gauche, autonome, et d’y construire leur propre programme, d’y vivre leur propre expérience politique, à l’abri de la pensée magique, irréaliste, voulant que l’on puisse transformer la bête de l’intérieur.
Malgré cette dernière position, relativement plus proche des intérêts réels de la classe ouvrière mais malheureusement peu développée, les interventions déçurent par leur mollesse et l’acceptation tacite d’une définition bourgeoise du politique : en trois heures de discussion, entre militants-es « de gauche », autour de l’action politique des syndicats, on sembla résumer le poids politique des travailleurs et travailleuses à l’action d’un club au sein d’un parti de droite, ou encore à leur simple vote ! Est-ce que dans notre « assoupissement » des vingt dernières années (celui de la gauche québécoise, mentionné par François Cyr), on aurait même oublié que l’action politique de la classe ouvrière se situe d’abord et avant tout dans la rue, dans la construction d’un rapport de force face à l’État et au patronat, et que cette forme d’action resterait nécessaire même dans l’éventualité où un gouvernement de gauche prendrait les rênes du pouvoir ? On ne peut avoir oublié que des mobilisations d’ampleur, soutenues, peuvent faire reculer n’importe quel patron ou gouvernement : ce qu’on semble mettre de côté, c’est le fait que ces actions ont aussi et avant tout un caractère politique, et qu’elles représentent le moyen le plus réaliste et efficace pour la classe ouvrière de manifester et d’exercer sa puissance, de peser de tout son poids sur le politique, et par le fait même de grandir et de se développer en tant que mouvement autonome.
La nécessaire radicalisation de Québec Solidaire
Cette vision n’est pas indissociable de la construction d’un parti de gauche : au contraire, l’une est nécessaire à l’autre, puisque la mobilisation étend l’appui populaire au parti, augmente ses chances d’élire des députés, et leur garantit un poids à l’Assemblée nationale par la construction d’un rapport de force ! Un parti de gauche doit donc avant tout jouer le rôle de lieu de convergence et de développement du mouvement ouvrier et des autres mouvements sociaux, trop parcellisés, lieu qui les rassemble et les mobilise autour de questions politiques et autour des intérêts communs des travailleurs-ses. Seulement ainsi peut-il non seulement aller chercher un appui populaire au moment du vote, mais aussi et surtout rendre la réalisation de ses revendications possible.
C’est dans cette optique que le conseil National de QS, en mai dernier, a battu -de justesse !- une proposition du Conseil de Coordination identifiant l’électoralisme comme la seule priorité du parti pour l’avenir prévisible. On adopta plutôt une résolution identifiant deux priorités pour le parti : être un parti des urnes, mais aussi un parti de la rue. Et pourtant, cette dernière priorité semble avoir été évacuée du discours et de l’action du parti, dans la frénésie entourant la préparation des élections : aucune formation politique n’a été faite auprès des membres autour de la signification des termes "parti de la rue", de la nécessité de cette approche, et des conséquences qu’elle implique pour la stratégie, l’action, la vision et le discours, à court, moyen et long terme, d’un parti s’en réclamant. Il faudrait pourtant que la compréhension de cette stratégie dépasse le simple fait de participer à diverses manifestations sous la bannière de QS, de façon à faire la promotion du parti (ce que le PQ fait généralement, par ailleurs) !
Pour faire valoir son importance et sa spécificité, le temps est venu pour QS de radicaliser son discours, de l’orienter vers les différents mouvements sociaux et de se présenter comme un espace où les divers intérêts et aspirations politiques des travailleurs-ses se rencontrent, se renforcent et se mobilisent ensemble, afin de construire un projet politique réellement socialiste, et de le rendre possible par une stratégie radicale et réaliste.

Gabrielle Gérin